04.05.2010

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pour amener des machines agricoles et au retour, il me ramènera mon « joujou » pour une somme défiant toute concurrence. Ouf ! Celui-là, il va devenir mon transporteur attitré !

Enfin, un matin à 7 h, à la pointe du jour, je vois arriver ce « convoi exceptionnel ». Petit moment d’inquiétude car à la vue de la longueur de l’ensemble, je pense que l’on va devoir « décharger » à la coopérative agricole du village. Mais c’est sans compter sur le savoir-faire du chauffeur et de la remorque directrice du porte-char. Après une légère reconnaissance de la toute petite route de Castagnac, le conducteur me dit : « C’est bon, je passe ! » On s’engage dans cette voie et là je ne peux qu’être ébahi par la technologie. En effet, l’essieu arrière de la remorque est commandé depuis l’intérieur de la cabine du tracteur donc on peut manœuvrer à souhait. Après moultes péripéties, nous voilà enfin arrivés à « Carrou » lieu du déchargement. Ça y est, il est là, majestueux devant le hangar de la ferme prêt à être remisé à l’abri, à être bichonné comme un jouet tout neuf. Mais un tel arrivage dans notre campagne ne passe pas inaperçu. Les voisins, les copains se demandent le pourquoi de cet achat : arrosage ? Revente ? Pour pièces ? Les questions fusent, je ne répondrai jamais bien sérieusement. Le chauffeur repart avec son « porte-char » en ayant pris soin de garder son téléphone personnel en mémoire au cas où … Prémonition ou simple attention ? Quelques jours plus tard, un représentant de produits phytosanitaires, Gérard Fares, se présente sur l’exploitation et reste en admiration devant ma nouvelle acquisition. Mais cette visite va se révéler importante par la suite, car ce Monsieur est aussi sapeur-pompier volontaire à Saverdun ! Une grande discussion s’engage sur la « passion » pompier, je lui raconte un peu mon passé et le souhait de faire une petite collection privée de ce genre de matériel. Quelle chance me dit –il : «Je sillonne presque tout Midi-Pyrénées, si j’en vois d’abandonnés, je vous le ferai savoir ». Il est déjà presque midi, pas un mot sur les produits !! On s’esclaffe de rire, car nous nous rendons compte que notre passion commune nous a fait oublier la raison de sa venue. Je lui fais part de mon désir de rester raisonnable. J’attends la vente du « Berliet » de Lézat, et ma collection se limitera à 2 ou 3 engins !

Mais une autre visite va accélérer la « chose » ! Je veux parler de la venue à « Carrou » de mon meilleur ami André Barbazan. Vous savez ce genre d’ami qui est prêt à vous aider, à vous épauler, à partager votre passion, sans compter ; un vrai ami quoi ! Celui-ci va à son tour tomber en admiration devant mon « joujou » : «Hou la ! Qu’est-ce qu’il est beau ! Je rêve ! » Je vois bien qu’il est séduit à son tour et comme il a toujours partagé mes passions, je vois son sourire narquois qui en dit long. Il restera là pendant presque une heure à « tourner » autour de ce camion. Je le connais trop bien le bougre, je suis sûr qu’il a une idée ! Le travail quotidien reprend son cours, deux à trois semaines s’écoulent. Un jeudi matin, mon ami André revient, après le café habituel, voilà qu’il me lance : «Il m’en faut un ! »… « Un quoi ? » je réponds. «Un camion pardi ! »me rétorque celui-ci.  J’en étais sûr...  et il l’a déjà trouvé ! Lui, le passionné de la marque Citroën, a vu grâce à un site de vente sur le « net », un magnifique camion Citroën PY 700 en FPT, en vente dans le Dép. 62(Pas de Calais). Le prix d’achat est correct, pour le transport pas de problème, donc il faut juste contacter le vendeur, voir s’il peut nous envoyer des photos, car il nous est impossible d’aller le voir, vu la distance. Au début je n’y crois pas du tout, je pense que mon ami me fait « marcher » et c’est sans conviction que je contacte le vendeur afin de lui demander quelques précisions sur ce camion. « Je l’ai déjà contacté, mais il ne parle qu’avec des termes pompiers, j’y comprends rien ! » me dit mon ami André. En effet, le vendeur est un ancien pompier qui doit hélas se séparer de sa toute petite collection après un divorce, quelques jours plus tard, voilà l’affaire conclue !! Je recontacte mon transporteur et deux semaines après le premier appel, le FPT Citroën py 700 rejoint à son tour « Carrou » pour une paisible retraite. Déjà deux camions sont remisés dans le hangar de la ferme.   Gérard Farés dans son périple de vendeur-placier, a tenue sa promesse, il me met en contact avec Émile Biard, ancien chef de corps du centre de secours de la ville de Léran (09). Ce centre, aujourd’hui disparu à cause de la départementalisation, était un petit CPI comme il y en avait à l’époque dans nos campagnes ariégeoises. (CPI Léran, celui de La Bastide sur l’Hers, du village de Le Peyrat, de Fougax-Barineuf, de Saurat, de Mercus-Garabet, tous ces centres ont hélas été dissous.)

12.02.2010

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Tout à coup… un grincement sinistre me « glace le sang » ; on aurait dit un animal qui agonise, ce genre de complainte que l’on n’oublie pas, je m’avance vers le garage d’où est sorti ce triste son, et là, STUPEUR !! Derrière le bâtiment, un superbe camion rouge qui vient de s’affaler au sol sous les doigts experts des chalumistes. Je ne peux m’empêcher de traiter ces hommes de tous les noms d’oiseaux qui me viennent à la bouche. Je temporise enfin un peu car ils ne font que leur travail !! « Nous, on ne récupère que le moteur et la boîte à vitesses, le reste part à la benne ! » me dit un ouvrier que je viens d’apostropher ; « prenez ce que vous voulez » me dit un autre. Mais quel gâchis, un camion encore en bon état, complet, et là, je ne peux m’empêcher de regarder à l’intérieur de la cabine qui est au sol.  Je retrouve ainsi le carnet de bord, je m’aperçois que ce véhicule vient d’un petit centre de secours du nord de Toulouse. Tout à coup, tous les souvenirs de mon enfance : le feu à « las Pouilles », l’école, tout cela remonte à la surface. Une sensation d’impuissance envahit mon corps, je me mets à rêver tout éveillé. J’imagine l’émerveillement, qu’a dû procurer ce camion à un gamin ou autre habitant de ce petit village. Le sacrifice financier de cette municipalité quand elle a dû acheter ce camion tout neuf, le bonheur et l’espoir qu’il a sans doute apporté à tous les sinistrés, qu’il a réconforté uniquement par sa présence. La joie qu’il a dû procurer lors des manifestations, le bonheur des sapeurs-pompiers qui ont eu l’honneur de le connaître tout neuf à sa réception sortie d’usine. Je souffre à l’intérieur de moi-même, je culpabilise à l’idée de ne pas sauver ce genre de véhicules qui font partie de notre patrimoine. Je reste là, à «rêvasser» pendant plus de 2 heures autour de cette épave comme un enfant à qui on aurait enlevé ou détruit son jouet favori. Il faudra que Jean-Pierre, le responsable du parc, me sorte de ma léthargie passagère en me disant : « qu’est-ce-que tu fais, tu ne vas pas le remonter non ? Allez t’as trouvée ta pièce ? » Et là, lui aussi, je ne peux m’empêcher de le traiter de tous les noms, pour avoir cassé un si bel objet. « T’en fais pas me dit ‘il, dès que j’en rentre un autre, je te le fais savoir ».

Voila comment une nouvelle passion va voir le jour chez moi. Je ne peux, hélas, les sauver tous ; mais un ou deux ? Je m’y engage sur le champ silencieusement pendant le retour vers la maison. A la prochaine rencontre avec Mr le maire, je lui demanderai pour le « Berliet ». Un mois plus tard, je rencontre fortuitement Gilbert Sieurac et lui fais part de mon désir de sauver le camion de mon enfance. Il me rétorque que lui, il ne vendrait jamais ce camion tant qu’il serait à la tète de la municipalité. « Mon successeur fera ce qu’il voudra, pour moi, c’est non ! » J’apprends aussi par la même occasion que le moteur est hors service. Une maladresse d’un employé municipal serait à l’origine de la panne. Un sentiment de colère monte en moi, car pour « casser » une telle mécanique il faut le faire presque exprès ! Encore un, qui n’a pas du connaître Mr Lanaspèze et qui a du se croire au volant de ces nouveaux camions sans âmes, tous formatés, au point de ne plus faire la différence entre un modèle ou un autre de marque concurrente ! Comme j’ai gardé quelques contacts avec le milieu « pompiers » je m’empresse de faire passer le message comme quoi j’aimerai bien sauver quelques camions rouges afin de monter une petite collection privée. Une vente de matériel est justement organisée par le SDIS(17) 09 et je me porte acquéreur d’un CCF Unimog U 404 qui était auparavant affecté au CS Laroque d’Olmes. Ce fût le tout premier engin de ma collection.

Je fais la connaissance d’un sapeur-pompier de l’aéroport de Paris, collectionneur à ses heures perdues, qui me « cède » un Berliet Gak 17 du célèbre village de Sainte-Mère-Église. Le prix d’achat est correct, mais il faut aller le chercher dans le département de l’Aisne (02) soit à plus de 900km de Lézat ! Bigre, pas moyen de le ramener par la route, la distance est trop importante. Je me mets à la recherche d’un transporteur, une tâche qui va devenir presque mission impossible au vue des prix pratiqués. Mais, c’est sans compter sur l’entêtement de votre serviteur. Encore une fois, je vais me servir de mes « connaissances » lors de mon passage au garage Cavé. En effet, j’ai gardé le contact avec des représentants-voyageurs, grâce à leur concours, ceux-ci me mettent en contact avec un transporteur de moissonneuse-batteuse à qui je demande son aide. Cela ne va pas poser de problème, car avec son « porte-char » il monte en Angleterre amener des


 

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En 1990, c’est le Lieutenant Robert BLANDINIERES qui prendra les rennes. Entre temps, la départementalisation aura doté le centre de plusieurs véhicules dont des VSAB (ambulances) ; car désormais la mission des sapeurs-pompiers sera étendue aux secours à la personne et deviendra la principale cause des sorties en interventions.

A plusieurs reprises, le Lieutenant Lanaspèze me sollicitera fermement à rejoindre les rangs des combattants du feu ; j’aurais été, me dira-t-il, un élément parfait, bref tout ce qu’un chef de corps peut espérer et attendre d’un volontaire. Mon refus sera toujours catégorique car hélas dans l’équipe des sapeurs-pompiers de Lézat, de ce temps là, il y a un individu sous-officier avec lequel je ne pourrais jamais m’entendre, car ce bonhomme à l’art de m’exaspérer par son arrogance, un personnage « non intéressant » comme aurait dit mon « papi », un « boufano ». Alors plus tôt que d’être en conflit permanent avec ce genre de personnage, je préfèrerai ne pas honorer les demandes du chef de corps et de ne pas faire partie des SP lézadois. Je voudrais quand même rendre un hommage à ce chef de corps qu’a été Mr Gérard Lanaspèze car il a su diriger le centre de secours et surtout « bichonner » tous ces véhicules avec un soin particulier, tellement passionné, qui a permis à ce que le centre de secours de Lézat ne connaisse pas de problèmes particuliers jusqu’en 1992, date à laquelle je quittais mon emploi de mécanicien pour reprendre l’exploitation familiale. Je passerai ici sous silence toutes les aventures que j’ai vécu en tant que responsable du matériel, les diverses réparations effectuées avec passion, les rencontres improbables, les moments de reconnaissances qui font chaud au cœur et la complicité avec certains sapeurs-pompiers, qu’ils en soient tous remerciés.

Comme je le dis plus haut, le garage Cavé en 1991, arrêta son activité de mécanique générale et se consacra uniquement aux contrôles techniques des véhicules automobiles. Après avoir subit cette mutation et après quelques mois de ce tout nouveau travail, où l’on se serait cru dans « les temps modernes » de Charly Chaplin, à la vue de cette tâche tellement répétitive, je préférai quitter ce milieu et reprendre l’exploitation familiale. Ma maman vient de faire valoir ses droits à une retraite bien méritée. Je laisse donc encore une fois « mon Berliet » entre d’autres mains et à un avenir incertain.

Me voila donc dorénavant « exploitant agricole » comme ils disent dans le milieu de la profession. Moi je me considère juste comme un agriculteur de base. J’en vois quelques-uns qui ricanent dans mon dos, car pour eux, je ne suis pas des leurs puisque je suis parti travailler à la « ville », mais comme j’ai toujours adoré ce métier, la mutation se fera sans problème. J’assiste de très loin à la modernisation du centre de secours de Lézat, de la construction de la nouvelle caserne route de Castagnac. J’apprends que le « Berliet » est à son tour mis à la retraite mais qu’il continuera à servir aux employés municipaux. Ma nouvelle activité débordante, néanmoins tellement intéressante, m’éloignera encore plus de la passion « pompier ». Voilà que pour le camion de l’exploitation, qui commence à avoir un âge avancé, je dois me rendre dans une grande entreprise de démolition de camions dans la banlieue toulousaine afin de récupérer des pièces plus fournies par le concessionnaire local. Comme j’ai été mécanicien pendant près de 22 ans, j’ai quand même gardé le contact avec certaines personnes du milieu automobile et je retrouve, sur le « parc » de la dite « casse », le chef de chantier que je connais depuis plus de 15 ans. La confiance est là, je lui expose mon problème et me dis : « Vas tout au fond du parc et prends ce que tu as besoin, fais comme chez toi ! ». Je m’avance donc vers un véritable labyrinthe de ruelles faites d’épaves diverses de poids lourds, de véritables montagnes de ferrailles en tous genres, de carcasses de pneus... Je chemine lentement à travers les boulons et autres rondelles qui jonchent le sol ; je vois, de ci-de-là, des camions encore en bon état mais qui vont finir en banque de pièces détachées.